Publié par le 1 Nov 2016 dans , , , | 0 commentaire

Aujourd’hui, 1er Novembre 2016, magnifique journée calme et dorée…

Je me réveille lentement, accompagnée de douces respirations abdominales pour entrer suavement dans cette journée. J’ai conscience que ce jour est férié puisque je traine sous ma couette et alors que je n’ai pas encore réalisé que nous sommes le jour de la fête des morts, enfin de tous les saints, mes pensées vont à mes grands mères. Contrairement à beaucoup, j’ai eu la chance d’en connaître quatre (un des rares privilèges d’avoir des parents qui ont divorcés très tôt et se sont remariés).

Je pense à ces femmes qui d’une façon ou d’une autre ont constitué des exemples pour la petite fille, puis la femme que je suis. Je laisse venir à moi tout ce que je sens de ces transmissions. Je perçois alors que je garde d’elles, un coté joueur, l’exemple de la bonne humeur indéfectible, certains mes traits de visage, ou encore l’accueil et la tolérance, le courage, le besoin de lire et celui aussi de rire, la gourmandise (la tradition culinaire étant bien présente dans ma famille), une part de spiritualité, de créativité, une jolie capacité d’écoute et de bienveillance, il me vient aussi, la vitalité, l’élégance, la générosité… je perçois aussi une pointe de résignation que j’accueille le plus tranquillement possible…

Alors je me « regarde », je me perçois, je me sens comme héritière de ses dames qui consciemment ou inconsciemment, directement ou indirectement ont influencé la personne que je suis, la personnalité qui s’exprime en moi… Je ressens alors une immense gratitude

Je me doute que ces femmes, remarquables à bien des égards, ont beaucoup subit leur vie et sans doute qu’elles n’ont pas toujours pu investir leurs choix de vie personnels… Cependant elles ont assurément transmis, génétiquement ou non, une part de leur personnalité, de leurs caractéristiques spéciales, de leur singularité.

Je laisse cette vague douce d’émotions intenses m’envahir dans cette prise de conscience que je suis moi et un peu elles… Que c’est sans doute grâce à ces magnifiques exemples que ma vie se construit que mes relations aux autres s’établissent…

Je prends conscience, je respire, j’intègre, j’infuse…

Je suis moi, grâce à elles…

Je comprends aussi certaines choses pour moi et pour les femmes de ma génération et des suivantes… Comme la vision d’un processus évolutif logique… Mes grands-mères ont été les premières femmes à voter !!! C’est le moment où les femmes ont pu libérer officiellement leur pensée, puis logiquement elles ont pu libérer leur corps, leur cœur et leurs choix…

Je dis MERCI

En ce jour de Toussaint, je ne fête pas les morts, ni les saints, je pense à mes grand-mères et à toutes les générations qui nous ont précédées. Je ne vous fête pas, je vous honore, je vous remercie. Je prends conscience modestement que nous construisons sur les fondations que vous avez su nous préparer, comme certainement nous sommes en train de couler celles de nos enfants et petits enfants. Une nouvelle fois je réalise aussi à quel point l’exemple constitue un élément central de l’éducation et de la transmission. L’exemple perçu comme élément à reproduire (le jeu, la bonne humeur, la bienveillance… etc) ou comme élément perceptible à faire évoluer (la contrainte, la soumission… etc). Je réinvestis à nouveau la conscience de la richesse que porte la personne vieillissante : la richesse d’une vie, d’une époque…

Alors mamie Raymonde, mamie Lilly, mamie Morel, mamie Odile… et toutes les mamies qui veillent sur nous de là où elles sont je vous dis merci et espère que vous êtes fières, amusées, surprises ou encore touchées de ce que nous faisons de votre héritage